Des chercheurs américains ont remplacé des gènes essentiels à la survie de la levure par des gènes humains, et ont découvert que le champignon continuait à vivre normalement. Pourquoi ? Parce que ces gènes sont hérités dun ancêtre commun aux humains et à la levure, ayant évolué il y a un milliard d’années.
On le sait, le milliard d’années d’évolution qui nous sépare de la levure ne nous empêche pas de partager avec ce champignon des centaines de gènes en commun. Des gènes qui proviennent d’un ancêtre commun à l’homme et à la levure, ayant évolué il y a plus d’un milliard d’années.

Or, des travaux menés par le généticien Aashiq H. Kachroo et son équipe (Université d’Austin, Texas, Etats-Unis) viennent pour la première fois de démontrer expérimentalement cette proximité génétique qui unit l’homme à la levure (comme à de nombreux autres organismes vivants au demeurant). En effet, en remplaçant quelques 176 gènes essentiels à la survie de la levure par la « version humaine » de ces gènes, ils se sont aperçus que la levure continuait à vivre tout à fait normalement.

Comment les chercheurs sont-ils parvenus à identifier ces 176 gènes interchangeables entre la levure et l’homme ? Ils ont tout d’abord sélectionné chez la levure 414 gènes contrôlant des fonctions métaboliques indispensables pour la survie du champignon. Ensuite, ils ont introduit les gènes humains correspondants à ces 414 gènes dans la cellule du champignon, et ont désactivé les versions de ces gènes appartenant au génome de la levure.

Résultat ? Presque la moitié des gènes humains (176, précisément) introduits dans le champignon lui ont permis de continuer à survivre et à se reproduire.

Une possible application clinique de cette étude? Les chercheurs suggèrent que la création de cellules de levure « humanisées » par l’introduction de gènes humains pourrait permettre de les utiliser pour tester des médicaments ou pour étudier l’évolution pathologique de certains processus moléculaires pendant les maladies.

La levure est un champignon unicellulaire, c’est-à-dire un organisme formé par une seule cellule. Comme chez l’homme, dans la cellule de la levure sont présents des milliers des gènes qui régissent les activités métaboliques permettant à cet organisme de vivre et de se reproduire.
Cette étude a été publiée le 21 mai 2015 dans la revue Science, sous le titre « Systematic humanization of yeast genes reveals conserved functions and genetic modularity ».